[En exposition au Centre patrimonial de la maison Fairbairn du 3 juin au 15 octobre, 2017]

Cette exposition a été rendue possible grâce au soutien financier du ministère du Patrimoine canadien, du CLD des Collines-de-l'Outaouais et de la municipalité de La Pêche.

 

 

L’exposition rend hommage à dix femmes remarquables de la Vallée de la Gatineau.

Les dix femmes présentées ont vécu entre 1825 et 2015. Leurs vies différaient sur plusieurs points, mais elles ont toutes en commun la Vallée de la Gatineau. Dans ce décor dynamique, à la fois majestueux et menaçant, inspirant et dur, elles ont contribué, par leur formidable énergie, leur talent et le peu de temps libre dont elles disposaient, à améliorer le monde qui les entourait. Par son parcours de vie, chacune a transformé le paysage naturel et social de la Vallée de la Gatineau d’une façon qui continue d’influencer nos vies.

Ce que ces dix femmes ont accompli, qu’il s’agisse de construire un pont, de gérer un commerce, de mettre en place des services sociaux ou d’apporter des modifications aux lois environnementales, elles l’ont fait avec détermination et au terme de grands efforts. Elles ont été confrontées à d’importants obstacles, dont les nombreuses obligations de leur quotidien. Nombre de ces femmes ont vécu à une époque où les dangers de l’accouchement étaient encore très présents; pourtant elles ont eu jusqu’à 11 enfants. Elles ont vécu dans des fermes retirées ou de petits villages, à une époque où les routes étaient souvent inondées ou bloquées par la neige et où l’approvisionnement en électricité était inexistant ou intermittent. Malgré tout, elles ne se sont pas isolées, elles ont plutôt travaillé encore plus fort pour rendre leurs communautés plus sécuritaires et plus solidaires. Certaines femmes présentées dans l’exposition ont peut-être profité des commodités modernes, mais leur vie n’en était pas plus facile, car elles ont dû concilier leurs responsabilités familiales avec leur carrière, leur engagement communautaire et les éternelles difficultés de la vie à la campagne. Fait notable : toutes ces femmes ont choisi d’alourdir leurs tâches en s’engageant dans de nombreuses causes communautaires et, par le fait même, elles ont à jamais changé la Vallée de la Gatineau et les gens qui y demeurent.

Même si elles n’utiliseraient pas tous ces mots pour se décrire, elles étaient mères, fermières, enseignantes, rédactrices, activistes, historiennes, musiciennes, vétérantes, entrepreneures et leaders dans leur communauté. Elles n’ont pas toujours reçu le crédit qui leur revenait, et une grande partie de leur travail s’est faite en arrière-scène, dans les marges des livres d’histoire. Néanmoins, leur influence marque toujours leur famille, leur communauté, voire le monde entier dans certains cas. Nombreux sont leurs descendants qui habitent toujours dans la Vallée de la Gatineau, qui aiment les communautés tissées serrées établies par leurs remarquables aïeules et qui travaillent à les maintenir.

AA Brown

Ada Almira (Brown) Reid 1874-1948

Au tournant du siècle, les rédactrices sont plutôt rares, et il est encore plus rare que les jeunes femmes aient l’occasion de faire entendre leur voix. Pourtant, à l’âge de quatorze ans, Ada Almira Brown est la correspondante du Ottawa Evening Citizen pour la Vallée.

Ada fait partie de la troisième génération qui travaille la terre de la ferme familiale à Cantley. Savante en matière de vie agricole, elle est aussi élève émérite à l’école de Cantley, qui compte une seule salle de classe, où après avoir terminé le programme scolaire, elle passe sa dernière année à étudier le dictionnaire.

Pendant plusieurs années entre 1895 et 1907, Ada est payée pour ses écrits. Elle reçoit aussi un abonnement au Citizen, un bloc de papier jaune pour prendre des notes et une rétribution de 30 $ par année. La jeune femme écrit dans un style joyeux et terre à terre à propos de la vie de campagne. Elle renseigne ses lecteurs sur le climat et le sol du Québec, les saisons (sa préférée étant le printemps), les types de culture et les animaux élevés dans les fermes de la région. Elle se livre aussi à des observations plus étendues; elle nous fait entrevoir Ottawa comme une capitale de 40 000 habitants en plein essor, où des policiers patrouillent sans cesse dans les rues pour maintenir l’ordre.  

En 1905, Ada épouse Charles Howard Reid, de Kirk’s Ferry. Elle habitera à cet endroit le reste de ses jours en tant que fermière et mère de cinq enfants. Ses descendants vivent encore à Chelsea aujourd’hui. 

[PHOTO:  GVHS 00834]

Catherine Holmes

Catherine (Timlin) O’Boyle Holmes

 

1825-1911

 

 

Catherine, connue sous le nom de Ketty, est la fille de fermiers du comté de Mayo, en Irlande. Elle vit les horreurs de la Grande Famine irlandaise de 1847, qui emporte son mari et ses deux enfants, pour ensuite fuir vers le Canada. Elle s’embarque dans la périlleuse traversée de l’Atlantique avec sa sœur, son beau-frère et leurs enfants. Les membres de la famille succombent les uns après les autres. Femme pieuse, Catherine donne des galettes aux marins pour obtenir une courte veillée mortuaire pour ses proches avant qu’ils ne soient jetés par-dessus bord. Elle débarque à Kingston, où elle est mise en quarantaine avant de se joindre à un groupe de personnes qui parcourent à pied les quelque 200 kilomètres qui les séparent de Bytown (Ottawa). Une fois arrivée, elle y trouve un emploi comme femme de chambre.

Par l’entremise d’amis de Cantley, Catherine rencontre et épouse William Holmes, lui aussi immigrant irlandais. La deuxième étape de sa vie s’amorce alors. Elle devient fermière et mère de neuf enfants sur une ferme retirée de Wilson’s Corners. Catherine travaille la terre, prend soin de sa nombreuse famille, fume une pipe d’argile et ne manque jamais de réciter son chapelet en soirée. Sa foi la mène jusqu’à porter sa fille de deux semaines à travers les buissons, à franchir la rivière Gatineau et à se rendre jusqu’à l’église St. Stephen de Chelsea à pied pour faire baptiser l’enfant.

Catherine et William exploitent leur lopin de terre pendant 14 ans avant de recevoir leur concession. La ferme appartient à la famille depuis ce temps. Même si Catherine recevait de la correspondance de l’Irlande, elle n’est jamais retournée sur sa terre natale. 

Vidéo:  Catherine rédige une lettre à son frère en Irlande et réfléchit sur son voyage ardu qui l'a amenée du comté Mayo, en Irlande, pour s'installer à Wilson's Corner, au Québec. Visionnez la vidéo produite ICI

[PHOTO: GRACIEUSITÉ DE AGATHA HOLMES DALY]

Jessie Waterston

Jessie (Hyde) Waterston

 

1911-2005

 

Jessie Hyde grandit dans une ferme de la vallée du Ruisseau-Meech; elle aime cet endroit pour son atmosphère paisible et son isolement. Femme extrêmement dévote, elle sent qu’elle doit répondre à « l’appel de Dieu » et consacrer sa vie au service d’autrui. Après avoir été formée aux collèges bibliques de Winnipeg et de Regina, elle participe à des missions pour son Église dans l’Ouest canadien. En 1949, lorsque sa mère tombe malade, elle revient dans la vallée de la Gatineau où elle entreprend l’importante tâche de fonder un foyer d’accueil pour les enfants puis, forte de son succès, une résidence pour aînés.

À une époque où les services sociaux sont inexistants, Jessie constate les besoins et décide d’y répondre. Elle met en place une équipe dévouée qui l’aide à réaliser sa vision d’un foyer pour enfants dans sa chère vallée du Ruisseau-Meech. L’équipe de Jessie comprend Lloyd Waterston, qu’elle épouse en 1954, un an après l’ouverture du foyer. Au fil des ans, tout en gérant le foyer Brookdale, elle travaille à amasser des fonds pour la construction d’un bâtiment qui permettrait de faire passer le nombre d’enfants de 12 à 45. Le nouveau foyer est achevé en 1960. La même année, elle ouvre Morningside, une résidence pour aînés située de l’autre côté de la rue du foyer Brookdale. Les deux établissements ferment leurs portes au milieu des années soixante-dix alors que toutes les fermes de la vallée du Ruisseau-Meech sont expropriées par le gouvernement du Québec. Nombreux sont les enfants élevés à Brookdale qui vivent encore aujourd’hui dans la vallée de la Gatineau. 

Vidéo: Jessie présente sa proposition d'agrandir le foyer pour enfants Brookdale à un groupe de fonctionnaires.  Visionnez la vidéo ICI

[PHOTO:  GVHS 02451-052]

Alice Cross Wilson

Alice (Cross) 

Wilson

1870-1948

Alice Cross-Wilson a une vie bien mouvementée, aussi vivante que les puissants rapides près desquels elle s’est établie.

Alice et son mari, Samuel Wilson, dirigent l’hôtel Peerless, un édifice en briques de quatre étages et de 30 chambres situé au cœur de la communauté de Cascades. En plus des clients, notamment les draveurs et les travailleurs du barrage de Chelsea, l’hôtel abrite le bureau de poste du village, le central téléphonique et le magasin général. Il sert aussi de domicile aux dix enfants d’Alice, à sa mère et à son grand-père (qui vivra jusqu’à l’âge de 104 ans).

En plus d’élever une famille nombreuse, de gérer un hôtel et de tenir diverses activités sociales, dont des collectes de fonds pendant la Première Guerre mondiale, Alice joue de l’orgue pendant plus de 40 ans aux offices de l’Église anglicane et de l’Église Unie. Ses enfants se souviennent des hymnes qu’elle pratiquait après les avoir mis au lit; le son de la musique voyageait par la grille de chauffage au plafond de la grande salle à manger. L’un de leurs préférés était Shall we gather at the river, the beautiful, beautiful river. Les enfants ont toujours supposé que leur magnifique rivière Gatineau et le foyer animé que leur mère avait créé pour eux et tant d’autres en étaient le sujet.

Vidéo:  Suite au décès de son mari Samuel, Alice reste à l'église et songe à ses expériences à l'hôtel Peerless à Cascades.  L'hôtel sera prochainement exproprié pour la construction du barrage. Visionnez la vidéo produite ICI

[PHOTO: GVHS 02283-123]

 

hazel gibson

Hazel (Stearns) Gibson

1907-2006

Avant même de terminer ses études secondaires, Hazel Stearns sait déjà qu’elle veut devenir enseignante. Alors qu’elle travaille dans une école à classe unique du Pontiac, elle rencontre une enseignante qui lui offre un emploi à Lac-Barrière, une réserve algonquine au nord de Maniwaki. Hazel accepte, et les deux femmes (Hazel est encore adolescente) entreprennent un voyage extraordinaire.

Dès les premiers jours de mai, elles prennent le train de Hull vers Maniwaki, où les rails s’arrêtent. Un homme vient ensuite les chercher avec son cheval et sa voiture. Le trajet jusqu’au dépôt Bark Lake, une halte sur la rive du lac Barrière, dure trois jours. Les femmes restent dans la voiture quand elles le peuvent, mais elles doivent souvent marcher, car au printemps, le terrain est si accidenté que la boue atteint les arbres de roues. Lorsqu’elles arrivent enfin au lac Barrière, elles sont embarquées dans des canots à moteur hors-bord et remontent le lac sur une distance de 80 kilomètres jusqu’au petit chalet qui sera leur résidence pour l’été. Hazel et sa collègue enseignent l’anglais aux Algonquins qui ont installé leurs tentes près de l’église catholique et du magasin de la Baie d’Hudson. Elles repartent au premier gel de septembre. L’été suivant, elles reviennent au lac. Et, grâce à une connaissance d’un ami à l’association de protection contre les feux de forêt du Québec, elles font le trajet en hydravion. Hazel obtient éventuellement son diplôme en enseignement du Collège Macdonald et enseigne à l’école de Lascelles et à l’école de Wakefield. Elle épouse Carl Gibson, né à Rupert, et habite les collines de la Gatineau jusqu’au décès de son mari. 

Vidéo:  Hazel raconte ses expériences en tant que jeune enseignante et son voyage pour se rendre au lac Barrière. Visionnez la vidéo ICI

[PHOTO: GRACIEUSITÉ DE WILMA CHARLEBOIS]

Alice McGlashan

Alice (Powers) McGlashan


1900-1988

En 1924, Alice Powers arrive à Cantley en tant qu’enseignante. En 1925, après avoir épousé Maynard McGlashan, elle s’emploie à élever sa famille et à gérer le magasin général McGlashan de Wilson’s Corner. Au cœur de la communauté, cet édifice en bois de deux étages sert aussi de bureau de poste et de résidence à la famille McGlashan.

Sans les commodités qui nous facilitent aujourd’hui la vie, Alice est bien occupée à prendre soin de sa famille et à diriger le commerce. L’électricité, par exemple, ne parvient pas au magasin avant 1948. Par un sombre matin de la fin de janvier 1938, la force d’Alice est réellement mise à l’épreuve. À 5 heures du matin, alors que la neige qui tombe bloque complètement les rues et que son mari et son fils de deux ans, tous deux très malades, sont à Ottawa chez de la famille, l’édifice prend feu. Malgré les efforts acharnés d’une chaîne de villageois, il est réduit en cendres.

Alice et son fils de 8 ans sont logés dans la pension de Mme Lawlis, de l’autre côté de la rue, où l’un des carreaux cassés laisse entrer de la neige qui tombe sur leur lit pendant la nuit. À peine quelques jours après l’incendie, Alice met sur pied un magasin et un bureau de poste temporaires dans le salon de la pension. Bientôt, elle déplace ses activités dans une petite maison située sur le terrain de l’ancien magasin. Elle y reste jusqu’à ce qu’un nouveau bâtiment soit construit. Finalement, il n’y a pratiquement pas d’interruption de service. Aidée par le voisinage, Alice fait preuve d’une force et d’une détermination exceptionnelles devant le désastre qui, n’eût été d’elle, aurait pu priver les habitants de Wilson’s Corner d’un point de rencontre important. 

Vidéo:  En janvier 1928, un incendie détruit le magasin général McGlashan à Wilson's Corner.  Alice tente de rouvrir un magasin temporaire dans la maison d'une voisine.  Visionnez la vidéo ICI

[PHOTO: GRACIEUSITÉ DE PETER McGLASHAN]

norma walmsley

Norma Walmsley O.C.1920-2011

Parmi tout ce qu’a réalisé Norma Walmsley au cours de sa vie mouvementée, le rappel visuel le plus impressionnant de sa contribution majeure dans la Vallée de la Gatineau est certainement le pont couvert de Wakefield. Lorsque le premier pont couvert de 1915 brûle, en 1984, Norma réagit en lançant : « Mettons-nous au travail. » Pendant dix ans, elle mobilise la population et travaille sans relâche, jusqu’à ce que ce précieux symbole de la rivière Gatineau reprenne sa place dans le paysage.

Norma est aussi engagée dans de nombreuses causes communautaires, notamment au sein de la Société historique de la Vallée de la Gatineau, de l’Église Good Shephard et de la fondation du centre hospitalier Gatineau Memorial. Vétérante de la Seconde Guerre mondiale, elle était au service de la Division féminine (DF) de l’Aviation royale du Canada en tant qu’officier supérieur responsable de l’approvisionnement du personnel au Canada et outre-mer. Norma était une membre active de la branche de Wakefield de la Légion royale canadienne. Elle a aussi contribué à la restauration du cénotaphe de Wakefield et à l’aménagement du jardin commémoratif dans le parc de la Paix.

En plus d’être une figure de proue dans sa communauté, Norma est engagée dans nombre d’organisations nationales et étrangères pour le développement international et la justice sociale. Trop nombreuses pour être énumérées, ses réalisations sont reconnues; elle reçoit l’Ordre du Canada, des doctorats honorifiques de l’université Carleton et de l’université Brandon et le prix du Gouverneur général en commémoration de l’affaire « personne » qui honore ceux et celles qui ont contribué de façon exceptionnelle à la promotion de l’égalité entre les sexes au Canada.

Vidéo:  Après la destruction du pont Gendron de Wakefield en 1984, construit en 1915, Norma rassemble la communauté pour reconstruire le fameux pont couvert.  Visionnez la vidéo ICI

[PHOTO: HELENE ANNE FORTIN]

Eirene McClelland

Eirene (Taylor) McClelland

1909-1989

Eirene était une pionnière. En plus d’être fermière et mère de famille, elle est grandement engagée dans la communauté grâce à son travail pour l’école protestante régionale et pour l’Église Unie St. Andrew’s, ainsi que par ses écrits pour la préservation de l’histoire locale.

En 1941, peu après son mariage avec Trevellyn McClelland, celui-ci est nommé secrétaire-trésorier de la commission scolaire protestante de la région. Derrière sa machine à écrire Underwood, Eirene s’acquitte alors quotidiennement de la majorité du travail de bureau. Elle contribue à de nombreux changements majeurs en éducation à Cantley, comme la fermeture de l’école à classe unique, pour laquelle le village peinait à trouver du personnel qualifié et où les élèves dépassaient rarement la septième année. Après avoir franchi une série d’obstacles comme l’élargissement d’une route secondaire pour que le nouvel autobus scolaire tourne un coin plutôt étroit, les élèves de Cantley sont littéralement sur la voie de Hull pour recevoir une meilleure éducation. Bientôt, d’autres écoles emboîtent le pas, et on assiste à la création de la commission scolaire Western Québec.

Avec sa machine à écrire, Eirene fait plus que son travail pour la commission scolaire. En effet, elle est la contributrice de Cantley pour le Ottawa Citizen. Eirene est aussi une référence en matière d’histoire locale, un pilier de son église et une organiste dévouée au service du culte pendant plus de 30 ans. Pour le centenaire de l’église St. Andrew’s, elle entreprend d’en écrire l’histoire. Plus ses recherches avancent, plus le document prend de l’ampleur. Finalement, elle rédige la première histoire détaillée de Cantley, de l’Église Unie St. Andrew’s et des écoles protestantes de la région.  

Vidéo: Eirene apprend la nouvelle que le premier ministre Duplessie est décédé, mettant en danger le projet de transfert d'étudiants de Cantley à l'école protestante de Hull.  Visionnez la vidéo ICI

[PHOTO: GRACIEUSITÉ DE BOB McCLELLAND]

nicole Bruinsma

Nicole Bruinsma 1960-2002

Nicole Bruinsma est mère, populaire médecin de famille et militante d’action communautaire. À 38 ans, sans facteur de risque connu, elle reçoit un diagnostic de cancer du sein. Elle entreprend alors une mission pour recueillir des faits sur les causes environnementales de la maladie humaine. Ses découvertes la poussent à dénoncer les effets alarmants de l’utilisation de pesticides.

Nicole fonde Action Chelsea pour le respect de l’environnement (ACRE), un organisme local qui promeut et protège l’intégrité écologique de Chelsea. Grâce à ACRE, Chelsea est l’une des premières municipalités au pays à interdire l’utilisation de pesticides à des fins cosmétiques, priorisant ainsi la santé de ses résidents plutôt que l’apparence des pelouses. Nicole inspire aussi des changements à plus grande échelle. Elle se présente notamment devant le Comité permanent de l'environnement et du développement durable de la Chambre des communes pour encourager ses membres à recommander l’interdiction des pesticides à des fins esthétiques, ce qu’ils font. Plusieurs autres municipalités canadiennes suivent ensuite l’exemple de Chelsea.

Même aux prises avec ses propres problèmes de santé, Nicole se bat pour la santé des gens de son village et pour l’environnement. À sa mort en 2002, elle laisse comme héritage des mesures législatives pour la protection de l’environnement qui ont essaimé partout au Canada.

Vidéo:  Diagnostiqué avec un cancer du sein, Nicole est médecin de famille d'un petit village ou elle fait campagne pour interdire les pesticides dans sa communauté.  Visionnez la vidéo ICI

[PHOTO:  GRACIEUSITÉ DE SCOTT FINDLAY]

Ghislaine Sincennes

Ghislaine (Kingsberry) Sincennes
1948-2015

Ghislaine Sincennes est fermière, mère de cinq enfants, artisane et bénévole. Bien qu’occupée, elle trouve toujours du temps dans sa vie pour en faire davantage : accueillir plus de gens à sa table et appuyer plus de causes communautaires, par exemple.

En été, on trouve toujours Ghislaine au champ sur son tracteur International; elle y ramasse le foin en compagnie de son mari, Gérard. Au printemps, on la trouve plutôt à la cabane à sucre familiale, la sucrerie Sincennes. Après avoir reçu une demande de visite pour des écoliers, la cabane à sucre ouvre ses portes au grand public, qui est ravi d’apprendre sur le procédé de production de l’un des sirops d’érable les plus renommés au Québec. Autant à la ferme qu’à la cabane à sucre, Ghislaine et Gérard sont des hôtes exceptionnels. Au fil des ans, ils accueillent d’innombrables participants au programme Katimavik. Ces jeunes aiment tant être à la ferme qu’ils choisissent parfois d’y rester plutôt que de retourner au logement prévu pour le groupe au Camp Gatineau. Pendant l’été, Ghislaine cuisine souvent pour plus d’une douzaine de personnes, dont des membres de sa famille, des amis, des voisins et des participants au programme Katimavik, lesquels gardent contact bien après leur séjour à la ferme.

Lorsque la maladie de son mari exige que le couple déménage de la ferme au village, Ghislaine s’implique pour l’église de la paroisse de Sainte-Cécile-de-Masham, où elle chante dans la chorale et aide à organiser les célébrations du 150e. Elle fait partie de nombreux comités, notamment du Cercle des fermières du Québec où elle œuvre aux niveaux régional et provincial. Ghislaine est aussi une artisane talentueuse, particulièrement douée pour le tricot et la confection de courtepointes. De plus, elle est une membre active du comité de parents de l’école; elle joue d’ailleurs un rôle crucial dans l’établissement de l’École secondaire des Lacs de Masham. En 2001, à l’occasion de l’Année internationale des volontaires, Ghislaine reçoit le titre de bénévole de l’année pour la municipalité de La Pêche. 

[PHOTO:  GRACIEUSITÉ DE ANDRÉ SINCENNES]